Edito : Quelle boussole à l’heure de l’IA ?
Par Sylvain Cigna, Directeur de New Acropolis Belgium
Nous vivons une époque formidable !
Le monde change à une vitesse incroyable et nous, philosophes, devons pouvoir nous positionner dans ce changement.
Carlos Adelantado, Directeur international de New Acropolis, rappelait dernièrement que nous devons voir tous ces changements comme une opportunité car, de toutes les générations, nous sommes les seuls à pouvoir vivre un changement de cette ampleur !
Néanmoins, la question de notre spécificité en tant que philosophes demeure : dans tous ces changements, quelle est ma boussole ?
Nos enseignements sont clairs à ce propos : le philosophe choisit la voie de la conscience; en effet, rappelons-nous toujours que nous, êtres humains, avons la capacité de développer toujours davantage notre conscience et ainsi nourrir la conscience de l’humanité toute entière. Que puis-je faire concrètement de cet enseignement ?
Un exemple clair est celui du développement des techniques que nous avons connu ces dernières années et notamment le cas de l’intelligence artificielle ; sachez que New Acropolis s’est récemment dotée d’un guide d’éthique numérique ; en résumé, choisissons toujours la voie de la conscience :
- La souveraineté de l’esprit comme acte éthique premier
Avant toute règle d’usage, le guide pose un principe intérieur : ne pas livrer sa première heure de lucidité au bruit numérique.
- Discerner plutôt qu’absorber :
Traiter les réponses de l’IA comme des hypothèses à vérifier, c’est maintenir une posture active et critique face au flux.
- L’effort comme chemin de croissance :
Déléguer son raisonnement à un algorithme, c’est renoncer à la répétition qui forge l’esprit.
- La rencontre réelle comme lieu du sens
Aucun outil numérique ne peut reproduire ce qui se passe lorsque des êtres humains se trouvent face à face, avec leurs doutes, leur expérience et leur présence incarnée.
- Choisir en conscience le monde que l’on contribue à bâtir :
La responsabilité éthique ne peut pas être déléguée à une machine : signer ce qu’on a vraiment pensé, interroger à qui et à quoi sert chaque technologie avant de l’adopter, reconnaître le coût écologique de chaque usage trivial : autant de gestes qui font de l’utilisateur un protagoniste conscient plutôt qu’un spectateur passif du système.
En conclusion, choisissons toujours la souveraineté de l’esprit et de la conscience comme boussole. L’humanité est trop belle et trop importante pour en confier le destin à une machine. Soyons conscients de l’importance de nos actes et de nos décisions. Soyons philosophes !
Cet article vous plaît ? Vous pouvez en recevoir d’autres via notre newsletter accessible ci-dessous.


